50 ans, temps de maturité et du bilan

Le diocèse de Maroua-Mokolo qui est à la veille de la célébration de son cinquantenaire. 50 ans, ce n’est pas 50 jours, ce n’est pas 50 mois, mais c’est 50 ans d’évangélisation par les premiers missionnaires qui nous ont apportés l’évangile. 50 ans c’est l’âge adulte. Age à laquelle on réfléchit beaucoup. On est sage et on voit aussi les fruits de ce qu’on a fait durant 50 ans. J’ai parlé des missionnaires qui ont commencé cette évangélisation et nous autres, on était presque là quand ils ont commencé. Ce n’était pas facile. Il y a eu des persécutions parce que le christianisme était vu comme une concurrence à l’Islam qui est là. et même moi qui parle, j’ai été percuté parce que je portais une médaille au cou. Et quand nous sommes allés à l’école primaire à Rhumsiki, on nous appelait les Missionnaires là. On m’a tiré sur le cou. Il y a eu aussi des casses des églises. Devant moi à Kila par exemple, le chef de canton de Mogodé a giflé un catéchiste et on a détruit la toute première case construite par les missionnaires. Et malgré ces persécutions, j’ai vu que cela a consolidé les fidèles, renforcé l’unité des fidèles à l’école comme les parents au quartier. Et en ce temps, il y avait une seule paroisse dans le pays Kapsiki à Sir et les gens venaient à pied à Sir malgré les distances. Ils avaient la foi.
Comme l’Église fête les 50 ans, c’est la joie pour moi, parce que les églises se multiplient, les paroisses se créent. Chez les Kapsiki, là où il y avait une seule paroisse, nous sommes à 5 paroisses aujourd’hui et que j’ai vu naître. Ce que nous sommes déjà mûrs.
Au niveau du clergé, on était 4 quand on commençait, les abbés Johannes Kaladzavaï, Benoît Ménétcheo, Théophile amadou et moi-même. Aujourd’hui quand je vois le nombre des prêtres de notre diocèse, je suis fier. C’est une grande joie, un signe que l’Église a vraiment avancé. Mais il reste quand même beaucoup à faire. Il faut maintenant évangéliser la mentalité de nos fidèles. Les communautés sont là, mais il faut sensibiliser pour la prise en charge de cette Église qui a grandi et qui continue à grandir avec ses prêtres.
Père Luc Takaye